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Sujet : que fuient les japonais(e)s ?

  1. #1
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    Par défaut que fuis les japonais(e)s ?


    au fil des discussions avec ma future ou des ami(e)s japonais(e)s, une chose transparait et je ne sais pas l identifier. une sorte de fatalisme teinte de desesperance en "l homme", ou une grosse deprime a l echelle d un pays... la folle impression du retour du "no future", une volonte de ne laisser aucunes "traces" du passage des humains.
    j ai vecu au temps de l URSS et du mur, je l ai vus tomber et se faire vendre, j ai espere et j ai ete decu par le monde d apres le mur. mais mes ami(e)s ou ma future sont ne(e)s dans les annees 80...
    quelle est l origine de cette fuite vers le rien?




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  2. #2
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    La clef de compréhension qui me semble être la plus pertinente pour saisir votre impression me semble être est la notion de Ukyo, traduit par « Monde flottant », référence déjà ancienne de la culture japonaise.

    « Disparu du vocabulaire japonais moderne, ukyo était à l’origine un mot à connotation, mélancolique, traduisant dès le IX° siècle la notion de « Monde de tristesse », « Monde d’affliction », c’est-à-dire une réalité présente et illusoire, brève et fondamentalement évanescente selon la pensée bouddhique. Dans un glissement de sens opéré au XVIII° par homophonie, le terme en vint à signifier, sous une graphie différente, l’idée de Monde flottant ; autrement dit, un monde contemporain, soumis aux variations de la mode et à la fluctuation des désirs, animé par la quête des divertissements et du pur plaisir. Il s’agissait au fond de décrire une même réalité mondaine, dans ce qu’elle possède de plus transitoire, interprétée selon des points de vue différents. […]
    La définition la plus juste du mot est finalement livrée dans les quelques lignes écrites en 1661 par le romancier Asai Ryôi, en préface à son Dit du Monde flottant (Ukyo-monogatari) : « Vivre seulement pour l’instant, contempler la lune, la neige, les cerisiers en fleur et les feuilles d’automne, aimer le vin, les femmes et les chansons, se laisser porter par le courant de la vie comme la gourde flotte au fil de l’eau » ».

    L’extrait de l’article de Madame Hélène Bayou, commissaire de l’exposition au Grand Palais, "Images du Monde flottant", situe cette notion de Monde flottant à la frontière de deux courants contradictoires qui génèrent une tension : Entre la saisissement de la pérennité du monde et l’appréhension par le sujet de la brièveté de son existence.

    En résumé j'ai l'impression que les japonais ont un sens aigu de la mort, de la relativité des existences et de la vacuité de vouloir laisser une trace, nôtre monde est par essence insaissable. Ce que confirme un extrait de "Vivre l'espace au Japon" d'Augustin Berque (voir topic sur vos lectures préféres (!)) :

    « Les japonais de cette époque concevaient l’existence comme un flux perpétuellement changeant. Ce bas monde est celui de l’impermanence, mujô – un monde flottant, ukyo. Déjà le Hôjôki (1212) de Kamo no Chômei comparait la vie à un peu d’écume sur l’eau d’un fleuve, paraissant et disparaissant, venant on ne sait où et allant on ne sait où. L’existence n’est qu’un moment éphémère entre deux néants infinis. La maison, comme la vie, n’est qu’un gîte temporaire, kari no yado. Toute chose n’est que mouvement, mouvement indéfini et imprévisible dont on ne connaît qu’un brève séquence : celle qu’on a sous les yeux ».

    Voilà de quoi rendre mélancolique le plus joyeux.
    Je ne dis pas que les japonais perçoivent cela mais plutôt qu'ils le sentent... et j'ai l'impression que ce fait se retrouve à de très nombreux niveaux dans leur culture...

    Voilà j'espère avoir plus ou moins réussi à répondre...

  3. #3
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    je me corrige, dans la troisième ligne en partant de la fin changer le verbe parcevoir par le verba savoir...

    Sorry

  4. #4
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    merci au contraire, ca c est une reponse! je ne connaissait pas cette notion de monde flottant, mais desormais je comprend mieux certains traits de caracteres de ma compagne et aussi de ses compatriotes. j imagine le desordre, le trouble dans la tete d une artiste qui soumet ses oeuvres aux yeux du mondes, donc aussi du futur, si la notion de monde flottant est ancree en elle. comment admettre cet etat de fait ? une oeuvre d art, en particulier une photo est le temoignage d un instant finis et qui ne seras jamais plus mais dont il subsiste plus qu une trace. puisque une oeuvre d art contient sa part d abstraction, elle contient aussi sa part de sensation, de pensee> l oeuvre devient une idee fugitive permanente, une contradiction absolue d avec le monde flottant>
    enfin je crois...

  5. #5
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    Le rêve de ma prof de calligraphie c'est de calligraphier sur de la neige.
    Ephémère, éphémère.

  6. #6
    Senior Member Avatar de ushirogiri
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    humm... ça me fait penser à mishima et son "wabisabi" tout ça...

  7. #7
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    oui, ce reve est beau mais il mene vers l egoisme. hors un proffesseur doit transmettre son savoir, qu il a lui meme recus d un autre. ainsi l ephemere devient permanent, l idee devient mot, le mot devient calligraphie et la calligraphie devient art.

  8. #8
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    Pas de quoi pour ma réponse...

    En ce qui concerne l'art et la notion de monde flottant, je pense qu'il faut penser très fort aux arts vivants tels le théâtre, la danse... qui ne sont absolument pas en contradiction avec la notion : ils sont par essence destinés a disparaître, ne reste rien si ce n'est dans l'esprit, le coeur et le corps du spectateurs... Les arts vivants "pacifient" la relation entre l'Homme, l'art et le Monde flottant.

    Voilà

  9. #9
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    Et puis, quand on vit dans un endroit où un fort tremblement de terre peut, sans prévenir vous ôter la vie et effacer tout témoignage de votre existence en ce monde, pourquoi chercher à laisser des traces. Ne vaut-il pas mieux profiter de chaque instant... qui sait si on verra à nouveau le jour se lever...
    "Il faut être économe de son mépris en raison du grand nombre des nécessiteux"
    Chateaubriand.

  10. #10
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    tout d un coup la publicite ou les autruches devallent des pentes enneigees prend un sens inconnus jusqua lors

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