Le Japon rejette la proposition russe de retrocéder deux des quatre îles Kouriles
Le refus constant de Moscou de restituer au Japon les quatre petites îles de l'archipel des Kouriles, saisies en 1945 par les troupes soviétiques, bloque depuis près de soixante ans la signature d'un traité de paix entre les deux pays.
Le Japon a déclaré, mardi 16 novembre, qu'il souhaitait voir restituer par la Russie les quatre îles Kouriles saisies par l'URSS au lendemain de la seconde guerre mondiale, rejetant la proposition de Moscou d'en rendre deux.
"Le Japon ne peut se contenter" de la restitution de deux des quatre îles situées au large de l'extrême nord du Japon, a déclaré mardi le premier ministre japonais, Junichiro Koizumi.
"Nous maintenons notre politique, qui consiste à conclure un traité de paix seulement après avoir décidé qui possède les quatre îles", a t-il déclaré à la presse.
UNE QUERELLE QUI DURE DEPUIS SOIXANTE ANS
La situation des quatre petites îles de l'archipel des Kouriles, Habomai, Shikotan, Etorofu et Kunashiri, saisies par les troupes soviétiques à la fin de la seconde guerre mondiale et que Moscou a invariablement refusé de rendre au Japon, bloque depuis près de soixante ans la signature d'un traité de paix entre les deux pays. Par ricochet, il freine aussi les investissements potentiels japonais en Sibérie.
L'ancien président soviétique Nikita Khrouchtchev, soucieux de mettre fin à des décennies d'isolement de l'URSS après la mort de Staline, avait promis au Japon en 1956 que deux des quatre îles en question, appelées Kouriles par Moscou et "Territoires du Nord" par les Japonais, seraient rétrocédées. Cette promesse n'a jamais été honorée. Le Japon réclame toujours la restitution des quatre îles et refuse manifestement la solution partielle.
"Nous sommes le pays qui succède à l'Union soviétique. En ce sens, nous reprenons à notre compte la déclaration de 1956", a déclaré, dimanche 14 novembre, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dans une interview à la chaîne russe NTV. "Les médias ont laissé entendre qu'il s'agissait d'une promesse informelle de Khrouchtchev, mais en fait cette déclaration avait été ratifiée par le Soviet suprême (Parlement), qui avait proposé de restituer au Japon deux îles et de clore ce dossier", a-t-il ajouté.
RENCONTRE ENTRE MM. POUTINE ET KOIZUMI
Evoquant les relations avec le Japon lors d'une réunion du gouvernement, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que la Russie "avait toujours rempli et remplirait tous ses engagements, et d'autant plus ceux contenus dans des documents ratifiés", a rapporté l'agence Interfax.
Cependant, a-t-il ajouté, "l'extension de l'application par la Russie de ces accords sera fonction de celle à laquelle sont prêts nos partenaires". "Jusqu'à présent, comme on sait, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d'accord (sur cette extension) telle que nous la percevons aujourd'hui et telle que nous la percevions en 1956".
Le dossier des îles Kouriles pourrait à nouveau être évoqué à Santiago avec M. Koizumi en marge du Forum de coopération économique en Asie-Pacifique (APEC), qui débutera vendredi 19 novembre au Chili, avant une visite de M. Poutine au Japon, prévue au début de l'année prochaine.
Avec AFP
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