« Si on ne parle guère des pays qui le précèdent au palmarès, on peut dire tout de même que la question du suicide au Japon est persistante dans les médias français, présentée (à tort ou à raison) comme les effets ravageurs d'une société rigoriste à l'extrême, la pression des traditions, la perte de valeurs, la peur de l'échec et la désorientation des jeunes générations. Il faut aussi dire que cela fonctionne comme un exorcisme par rapport à nos propres rapports d'occidentaux face à la mort volontaire et sans doute cela exprime t-il une xénophobie latente basée sur l'exacerbation des différences. Le suicide est aussi affaire redondante par chez nous, il suffit de voir les tempêtes médiatiques qui s'abattent sur les grandes sociétés qui enregistrent des suicides de salariés trop élevés au goût de l'opinion public (et parfois, malheureusement, au détriment d'une réalité beaucoup plus contrastée et un manque d'approfondissement). [...]



Cette longue introduction pour vous préparer à découvrir une nouvelle série japonaise, Suicide Island chez Kaze, qui part du postulat que la société japonaise doit mettre désormais les récidivistes qui tentent de se suicider devant leurs responsabilités en les extrayant physiquement et administrativement de la société. Concrètement, ils sont évacués vers une île, un peu dans le mode Battle Royale, où ils sont abandonnés à leur sort : soit tenter de survivre, soit crever loin de sa terre et enfin réussir leur TS. »

Lire Suicide Island, la jeunesse japonaise et la mort par Sébastien Naeco.


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