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Sujet : Nouvelle Vague japonaise : déjà balayée ?

  1. #1
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    Par défaut Nouvelle Vague japonaise : déjà balayée ?

    Salut à tous,

    Une petite question par rapport au cinéma japonais.

    Hier, je suis tombé sur une revue (Cinéastes) qui parle notamment du cinéma japonais. Ils disent que l'on trouve maintenant presque tous les films de l'archipel en vidéo ou dvd. Franchement, je ne crois pas.

    D'ailleurs, un jour j'aimerais faire un petit sondage. On connait les films d'Ozu, de Kurosawa (l'ancien et le nouveau), de Mizoguchi... Mais pour la Nouvelle Vague japonaise ?
    Parmi les moins de 35 ans :
    Combien de personnes ? / Qui a vu les films de Nagisa Oshima ? A part Furyo, les deux Empire, Max mon amour, Tabou, éventuellement Nuit et brouillard au Japon, Les plaisirs de la chair, contes cruels de la jeunesse. On peut pas voir La pendaison, La cérémonie et ses autres films.
    Pareil pour Yoshida (un bouquin qu'il a écrit sur Ozu vient d'être traduit en français : excellent) qui connait "Eros + Massacre", "Coup d'Etat" ?



    J'arrête là, parce que je me dis qu'il y a tout un pan du cinéma japonais moderne qui nous manque, en France. Peut-être qu'on peut les trouver au Japon (non sous-titrés) : c'est même pas certain.

    Il paraît même qu'auprès de la jeunesse du Japon ces cinéastes ne sont pas plus connus qu'en France. Oshima a un certain rôle "public" au Japon, mais ces films, à part quelques-uns ne sont pas mieux connus paraît-il.

    Enfin, pour Kinji Fukasaku, on peut se procurer 4 films, 6 avec les deux Battle Royale. C'est peu sur 61 films, non ?


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  2. #2
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    Pas au bon endroit...
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    <div align="justify">Très bonne remarque. Un petit correctif, le deuxième Battle Royale n'est pas de Kinji Fukasaku, mais de son fils. Kinji étant décédé une semaine après le début du tournage. Ce qui explique probablement une parte de l'échec artistique du film. Le père et le fils ayant déjà été en conflit sur le tournage du premier opus, il y a fort à parier que si Kinji l'avait réalisé, on aurait eu droit à un autre film.

    Ensuite, on aura beau lire des articles parus dans des revus spécialisées, il ne faut pas oublier que certains journalistes n'en connaissent pas plus sur un artiste japonais que ce qu'ils ont vu, et considèrent avoir tout vu sous prétexte de fréquenter assidument les cinémathèques et autres salles d'art et essais. Ils ne font donc que transmettre ce qu'on a bien voulu leur faire connaitre et font confiance aveuglément à leur fréquentations sous prétexte que les cinémathèques et consort diffusent tout ce qui n'est pas diffusé dans les autres salles. Sans compter que les journalistes ne paient pas leurs places. Je ne sais pas si tu as déjà eu l'occasion de te trouver dans la même salle que l'un d'eux, ce n'est pas triste. Il s'accroche aux 10 premières minutes puis s'endort et se réveille 5 minutes avant la fin pour applaudir.... Et je ne te prle même pas des projections de presse où là tous discutent entre eux ou font autre chose pendant la diffusion.
    Donc premier enseignement. La presse : oui, mais avec plusieurs revues pour avoir plusieurs informations. Ne se fier qu'à une revue, c'est n'accepter qu'un seul point de vue, et une seule source d'information.

    Ensuite, pour ce qui est des "anciens" réalisateurs, il est vrai que beaucoup de japonais ne les connaissent pas. J'ai moi même fais découvrir plusieurs réalisateurs à mon épouse, lesquels sont pourtant assez "connus" en France. L'expliquation donnée est aussi simple qu'absurde. Les vieux films ne les intértessent pas. Ils sont considérés comme poussiéreux et bon pour les vieilles générations. Il y a donc fort à parier que d'ici 30 à 40 ans, même Kitano passera aux oubliettes de la culture populaire nippone. A cela il convient quand même de relativiser. Car même au Japon il y a des cinéphiles qui en connaissent long. Mais c'est comme en France, il y a ceux qui aiment et qui découvrent tous les jours quelques choses et ceux qui ne s'interessent pas à autre chose qu'à la sous culture populiste TF1/M6.
    Pour anecdote, il y a un peu plus de trois ans disparaissait Henry Verneuil. Quelques mois plus tard, au cours d'une discussion sur les DVDs, j'évoque cette dispartion qui m'avait assez touchée. Réponse de mon interlocuteur : Ki C ? (le style SMS est volontaire pour bien cadrer la génération chew gum qui nous entoure). Je lui cite les principales réalisations du maître, et après chaque titre de film la même réponse : connais pas ! J'ai là vécu un grand moment de solitude en pensant, dépité : "y'a du boulot, quand même...."

    Bref tout ça pour te dire que partout dans le monde, la culture ce n'est pas populaire et qu'elle n'interresse que ceux qui s'y intéressent.</div>

  3. #3
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    Moi j’ai tout vu, les films cités et beaucoup d’autres encore.
    Ce n’est pas du tout pour me vanter, mais juste pour dire qu’on ne peut pas se plaindre à Paris : c’est la ville au monde où l’on voit le plus de films japonais. Ces dix dernières années, entre la Cinémathèque, La Villette (23 films d’Oshima en 97), Beaubourg (200 films japonais en un an), Le Forum des Images (nombreux festivals avec des films inédits), etc., il y avait de quoi faire.
    J’ai même réussi à voir deux fois La Source thermale d’Akitsu de Yoshida, un de ses meilleurs films. J’ai moins aimé Eros + Massacre, un peu trop formel à mon goût.
    Et ce n’est pas fini : rétrospective Shirô Toyada en septembre à la Maison de la culture du Japon à Paris.
    Pour ceux qui n’habitent pas à Paris c’est plus dur évidemment, mais le problème est exactement le même que pour les autres cinématographies.
    Après il faut se déplacer et aller les voir, c’est une autre histoire, tout le monde ne s’intéresse pas forcément aux « vieux films » et j’ai l’impression que ce phénomène est plus important encore au Japon qu’en France. Mais la France n’est pas une référence, c’est un pays à part en ce qui concerne la cinéphilie.

    Pour les DVD et les vidéos je pense que cette revue ne devait parler que des films qui on eut droit à une sortie en salle, sinon ça n’a aucun sens. Les autres films sont plus rares, mais je ne suis pas certain qu’ils soient plus accessibles au Japon qu’en France.

  4. #4
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    Par défaut Nouvelle Vague japonaise : déjà balayée ?

    Tout à fait d'accord pour la place que tient le cinéma à Paris, pour le fait que certains se foutent de tout cinéaste qui a dépassé les 40 ans ou n'est plus à la mode ! Cependant, pour ceux qui n'habitent pas Paris (ce qui n'est pas mon cas), veulent voir certains films, découvrir des oeuvres, c'est pas toujours facile.
    Je réagissais juste par rapport à ceux qui pensent que beaucoup de films imporants du cinéma japonais sont disponibles en dvd en France. Et bien non.
    D'ailleurs Arte fait ses meilleurs taux d'audience avec l'Empire des Sens, mais ils ne passent pas d'autres films d'Oshima Nagisa, à part peut-être Max mon amour (anecdotique par rapport au reste), et c'est dommage.

    Si Yukimizu, tu as pu voir ces films mythiques, c'est super. Il y a cependant plein de films intéressants, je suis certain, qui sont toujours durs à voir : je pense aux films du groupe Ogawa, sur les révoltes étudiantes et paysanes (Fukasaku les cite comme une influence), ceux de Koji Wakamatsu (à part les deux qui sont sortis en dvd en zone 1), de Terayama (une photo d'un film nous montre clairement que ses disciples sont clairement "Berrurier Noir" a qui ils ont repris l'imagerie, le titre "l'empereur tomato ketchup...").
    Sinon, je cherche à voir "La pendaison" depuis quelques temps déjà, et toi, tu l'as vu. Est-il aussi intéressant, aussi important qu'on le dit ?
    Ce qui serait formidable, c'est que tout le monde puisse voir tous ces films à la télé aussi (au moins sur Arte) pour ceux qui n'ont pas pu les voir en salles lors de leurs rares passages. Afin d'être vus par plus de personnes, sur toute la France.

    C'est bien de parler des films de la nouvelle vague japonaise. Parce que en France, ceux qui s'intéressent un peu au cinéma connaissent les premiers Godard, Truffaut, ils les apprécient ou les détestent, mais au Japon est-ce la même chose (avec mettons Imamura, Oshima, Yoshida...) ?

    Enfin, à l'heure où le cinéma américain est archi-dominant (je peux aimer certains films américains, c'est pas de l'anti-USA bête), on oublie que le cinéma japonais dialoguait autrefois avec le cinéma français.
    Devinez ce qu'allait voir Shoei Imamura, Kinji Fukasaku, l'acteur Bunta Sugawara ? les films de Julien Duvivier (Pépé le Moko), les Carné (le jour se lève...), les Renoir (La grande illusion) les polars français aussi. Puis "A bout de souffle",... J'invente pas il suffit de lire les bouquins de Schilling et de Macias.

    Il y a deux, trois ans, une co-production franco-japonaise s'était soldée par un échec, c'était "H Story" de Nobuhiro Suwa avec B. Dalle. Le cinéaste avait eu un succès critique et dans les festivals avec M/other, mais résultat avec le suivant " H Story" : 2 000 entrées en salles (en exclusivité) !
    Heureusement, le film a pu avoir une "petite" deuxième vie en DVD (2 euros sur cdiscount). Depuis plus de nouvelles de N. Suwa : prépare-t-il un autre film ? Dur, dur, pour les modernes...

  5. #5
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    Il me semble avoir reconnu notre nouveau venu, Gigano ! Si tu es bien qui je pense, sois le bienvenue !
    Et j'espère que tu sauras faire partager sur ce forum tes connaissances sur le cinéma japonais : je ne doute pas qu'un "vent nouveau" ne souffle sur ce forum.
    Et puis il n'y a pas que le forum, mais une Gazette du Japon, à publication irrégulière mais réelle. Au cas où tu aurais la plume facile...
    Bienvenue, donc, monsieur Gigano (Faudra que tu m'explique gigano :lol: )

    Bon, pour revenir au coeur, la première question qu'il faudrait se poser est :
    y a t'il vraiment eu une "nouvelle vague" japonaise dans les années 90 comme les journalistes, qui n'y connaissent rien en général, l'ont baptisés après que Cannes eut découvert la même année Kitano (Hana bi), Kawase (Moe no suzaku) et Kurozawa ( Cure) ?
    A y repenser, déjà, quoi de commun entre un clown TV présenti acteur dans un film de Fukasaku devenant et acteur et réalisateur après le retrait du maitre, une réalisatrice de documentaire familière d'un monde semi rural en profonde mutation et un réalisateur de films TV et vidéo à petit budget qui se voit confier des budgets un peu plus importants à partir de 1996 et réalise ainsi des films plus personnels en utilisant le savoir faire des maison de production vidéo ? Aucun, tout simplement. Pas une école.
    Juste la prise de conscience avec 10 ans de retard que le Japon continuait de faire du cinéma malgré la crise de ses majors et que, dans le flot des productions, quelques talents qui permettaient d'oublier un peu notre "idée du cinéma japonais" telle que prédéfinie par les "références" Kurosawa/Ozu/Mizoguchi...

    Je crois qu'il faut regarder le cnéma japonais sous une double perspective. En tant que cinéma japonais -d'autant que les japonais aiment eux même se définir à l'écart. Mais aussi, et c'est cet angle qui fait cruellement défaut, en tant que cinéma contemporain, reflétant les intérrogations, les centres d'intérêts et les passions qui traversent le monde contemporain. Tu sites Suwa N. et M/other (le divorce, la place de l'enfant, le quotidien déréglé, la place de la femme dans un couple "moderne...); ou H Story (un magnifique film que j'ai vraiment ressentit à Hiroshima, ville inintéressante en soi, provinciale et tranquile à souhait, à 1000 lieues d'une histoire qui pourtant l'enferme comme le rôle enferme Béatrice Dalle jusqu'à ce qu'elle ne s'échappe enfin... boulversant ! Ce sont là des interrogations modernes; le regard (japonais) se pose sur la société (japonaise), mais c'est bien avec un outil frotté au cinéma français, américain... occidental.
    L'Espagne a souffert du même problème : Pedro Almodovar, d'abord cassé par la critique (Télérama, par exemple), a ensuite été ensensé au point de "cacher" tous les autres réalisateurs de talents que comptait l'Espagne. Ces mêmes critiques aujourd'hui se plaignent :"Almodovar, et après", semblent ils dire...
    La même réflexion aujourd'hui traverse les esprits de ces critiques qui voudraient du Kitano à la chaine...
    Vivement qu'on nous distribue, enfin, les nouveaux Godzila. Parce que c'est AUSSI ça, le cinéma japonais !

  6. #6
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    Je me risque qq petites questions pour les spécialistes :

    1/ La nouvelle vague japonaise (année 70, pour moi) ne s'est elle pas enfermée d'une part dans les pink movies (ai no korida) et d'autre part dans le regard contemplatif et esthetique à outrance d'une société qui ne peut plus ou ne veut plus comprendre ce type de cinéma.

    2/ Le cinéma Japonais n'est il pas un condensé de Gozilla, Miyazaki, Kitano, Kurosawa (le jeune et le maitre),mais aussi les realisations telles qu Waterboys, Odoru daisosasen, Shikoku, Ring... C'est à dire est ce que les critiques francais n'ont pas tendance à faire de l'élitisme cinematographique concernant le Japon comme quand "Telerama" crache sur Luc Besson dont les vente permettent de subventionner le cinema "d'auteur" francais.

    3/ Les Japonais ne connaissent pas forcement Ozu mais ils ne connaissent pas par coeur non plus les episodes de "quoi de neuf docteur" ou de "friends". Désolé c'est une apparté télévisuelle dans une discussion sérieuse.
    "Qu'importe la noirceur des nuages dans le Ciel, au dessus il y a le Soleil"

  7. #7
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    Il y a environ 6 ans de ca, il y avait eu une retrospective de vieux films japonais melo, voyage a tokyo... sur France 2 dans le Cine Club, le vendredi soir.
    Vers 1996-97 il y avait sur Canal+ le lundi soir un cine club avec des films japonais, des films de HK (Chunking Express...), des films americains peu connus.
    Mais voila, ca fait plus de 6 ans tout ca, quand est il maintenant sur les chaines francaises ?

    Pour les DVD au Japon, j'ai vu a mon videoclub des films d'Ozu comme ohayo (sans sous-titres), il y a aussi des coffrets Kurosawa en magasin (hors de prix !) mais c'est assez rare, on trouve plus facilement les video des vieux films japonais en France j'ai l'impression.
    Les japonais preferent les films plus recents. Certains on tres bien marche : Ping Pong, Shall We Dance (il passe souvent a la tele japonaise celui ci),...

    Pour les co-productions franco-japonaise, je pense a Tokyo Eyes et Apres la pluie.

  8. #8
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    Citation Envoyé par wakataka
    ...Les Japonais ne connaissent pas forcement Ozu mais ils ne connaissent pas par coeur non plus les episodes de "quoi de neuf docteur" ou de "friends". Désolé c'est une apparté télévisuelle dans une discussion sérieuse.
    Faut dire que les series americaines passent peu a la tele japonaise, ou alors tres tard le soir (la nuit je devrais dire, tout comme les manga qui passent rarement avant 1h du mat).

    Cependant les grandes series US sont disponibles dans tous les videoclub, et connaissent un succes certain.

  9. #9
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    Par défaut Nouvelle Vague japonaise : déjà balayée ?

    Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une discussion de "spécialistes" : j'aime bien lire des avis très différents sur ces questions. On échange des points de vue, c'est tout.
    Evidemment, la "nouvelle vague" c'est un peu une fabrication de journalistes, qui a rassemblé, au Japon, comme d'ailleurs en France, des artistes au fond assez différent (Godard c'est l'anti Truffaut).
    "Nuit et brouillard au Japon" d'Oshima renvoie bien au titre du court-métrage d'Alain Resnais "Nuit et brouillard". Pourtant, Oshima n'aimait pas que l'on compare sans cesse les cinéastes de sa génération à la nouvelle vague française. Son influence, ce n'est pas tant Godard que Masumura Yasuzo (qui faisait des films dits "populaires" / Géants et jouets... ) !
    Pour la nouvelle vague japonaise, elle commence dans les années 60, surtout elle tente d'avoir un second souffle avec une nouvelle compagnie (ATG) fondée par des cinéastes renvoyés des grands studios. Au départ, Imamura, Oshima (...) ont essayé de travailler dans les grands studios (Shochiku, Nikkatsu...) mais ça n'a pas bien marché. Suzuki a même été viré au moment de "la marque du tueur" parce que les producteurs trouvaient le film trop délirant et pas assez commercial.
    C'est vrai que dans les salles du Japon (en France un peu après on connaissait la même chose), à un moment donné les films d'auteurs n'attiraient plus grand monde.
    En réponse à la question sur le "pink" : Oshima a d'abord essayé de montrer des changements, des bouleversements sociaux, ensuite, il s'est dit que cela marchait pas, qu'il fallait partir du couple, de l'individu, interroger les tabous. Le pink c'est un sous-genre ou un genre. Des artistes de la nouvelle vague aimaient, faisaient du pink, mais pas seulement.
    Quant à l'Empire des sens, c'est vraiment pas le Nagisa Oshima que je préfère, même si on peut lui trouver plein de qualités (je suis d'accord). J'aimerais en voir plus, d'ailleurs.

    Vous avez raison, je trouve, de souligner que la séparation cinéma populaire/ cinéma d'auteur est assez stupide. Heureusement ça change et même en France.

    D'ailleurs, dans son documentaire "100 ans de cinéma japonais" (voir sur le bonus du coffret Kurosawa, "les films noirs"), Oshima parle autant des pink, des films d'Imamura, que des séries Godzilla ou Tora San, de Mizoguchi que de Fukasaku ou de Suzuki.

    Enfin, suppaiku c'est vrai que le cinéma japonais est encore diversifié de nos jours et que certaines oeuvres récentes sont universelles et peut-être "très japonaises" en même temps (ceux qui connaissent le pays le sauront). Diversifié jusqu'à Takasahi Miike (Ichi the Killer) ou Avalon (etc...). Ce qui me plait dans ce cinéma : souvent les artistes osent (aller loin, expérimenter, nous faire peur, nous faire réagir...).

    Plus encore que Ring, Dark Water m'a semblé très réussi : un conte fantastique, un film de fantôme et très triste à la fois. je ne connais pas d'équivalent dans le cinéma français.

  10. #10
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    Merci beaucoup pour toutes ces explications. Je suis novice en matière de cinema japonais et ces explications m'apportent beaucoup.

    Concernant les difficultes des "jeunes" auteurs des années 60 auprés des "majors" japonaises : doit on y voir une épuration comme dans le dessin animé (miyasaki) et l'université ou bien est ce purement un problème de target clientele.

    Concernant "Ring", n'est ce pas la première fois qu'un cineaste japonais reussi a faire vibrer des foules populaires occidentales et asiatiques ? Je ne connais pas d'equivalent. Miyasaki (dans son genre) ne me semble pas avoir fait autant d'entrées ?
    Est ce :
    - un changement du style cinematographique japonais (vision universaliste de l'esthetique et de l'histoire)
    - un changement de la mentalité occidentale qui se glisse dans la facon de construire une image par un asiatique
    - un peu des deux ?

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