• Enseigner le français au Japon

    Vous êtes patient, sympathique et avez un bon sens de l'humour ? Pourquoi ne pas travailler au Club Med ou encore mieux être prof au Japon !
    Gardez à l'esprit que les qualités qui vous seront demandées pour être un GO (gentil organisateur) ou prof au Japon sont à peu près les mêmes! Ce n'est pas une critique au contraire. Néanmoins prof de français au Japon est lucrativement plus intéressant que GO à Okinawa ou à Hokkaido.<br>Mon petit exposé sur l'enseignement du français concernera la région du Kansai où j'ai enseigné dans différents établissements.

    Pour bosser dans une école de langues il vous faudra au minimun une licence. En ce qui concerne vos connaissances en japonais, il ne vous sera pas demander de parler couramment surtout si vous travaillez dans une "boîte à langues". Au contraire, l'usage du japonais dans ce type d'école est strictement interdit.Par contre, si vous travaillez pour une Alliance ou une université un minimun est nécessaire. Surtout à la fac pour toute la communication avec l'administration les courriers étant écrit en japonais.

    Voici donc une liste des écoles de langues où vous pourrez enseigner notre magnifique culture.

    NOVA

    C'est la plus grande et la seule à s'occuper du visa. Ils ont d'ailleurs un bureau à Paris où vous pouvez poser votre candidature. C'est donc la seule à offrir un travail à plein temps avec un contrat. Vous devez enseigner 35 leçons par semaine! C'est un peu le Mac Donald des langues mais c'est très formateur. Vous enseignez à des petits groupes de deux à trois étudiants. C'est aussi la seule à l'école à pratiquer le télé-enseignement. Depuis cet automne ils enseignent 24 heures sur 24 via leur système de vidéo conférence. Si l'enseignement à distance vous intéresse c'est à Osaka que vous poserez vos valises. Vous aurez aussi la chance de rencontrer les japonais. Une bonne façon de faire une étude anthropologique sur la société de ce pays. Vous serez payer entre 250 000 yen à 280 000 par mois selon que vous travaillez le matin ou le soir. Le salaire du soir est plus intéressant mais vous aurez plus d'étudiants et donc plus de travail. Vous disposerez de 11 jours de vacances rémunérés. Une bonne expérience et un bonne école pour apprendre à enseigner au Japon.

    BERLITZ

    Pour ceux qui ne connaissent pas c'est l'une des plus grandes boîtes de langues dans le monde. Vous enseignerez le français à des hommes d'affaires ou à des gens qui ont beaucoup d'argent. Les quarante minutes coûtent environ 7000 yen. Malheureusement le salaire par heure n'est que de 1900 yen. A Berlitz vous devrez voyager dans le Kansai (Osaka - Kobe - Kyoto). A noter que l'heure de transport est rémunérée 1400 yen. Une journée traditionnelle peut ressembler à cela: 4 leçons de français à Umeda (Osaka) puis 3 leçons à Kawaramachi (Kyoto). Vous serez donc payer pour les 7 leçons puis pour les 2 heures de transport. Berlitz vous permet de voyager et découvrir le Kansai tout en étant payé. Vous rencontrerez aussi des gens d'une classe plus élévée qu'à NOVA. C'est aussi la seule école à offrir une formation sérieuse d'une semaine avant de vous confier des classes. Dommage qu'il n'offre plus de contrat à plein temps pour les profs de français. D'autre part, pour travailler chez Berlitz vous devez avoir un visa. Par exemple, un visa époux ou profiter du visa vacances-travail. Cependant, les profs qui travaillent chez eux sont en général tous mariés à une japonaise ou un japonais. Dommage pour les autres car c'est une école très sympa.

    ECC


    Une école surtout spécialisée dans les cours d'anglais. Offre quelques cours de français. Une école peu sérieuse en ce qui concerne l'enseignement du français. Rémunération à l'heure 4000 yen environ.

    CENTRE FRANCO-JAPONAIS ALLIANCE FRANÇAISE D'OSAKA


    Ce long nom est le résultat de la fusion entre le Centre Franco-Japonais et l'Alliance Française d'Osaka. Le recrutement se fait sur place c'est à dire que les gens qui y travaillent sont mariés à des citoyens japonais. Néanmoins, l'école peut vous aider à obtenir un visa pour ceux qui ne seraient pas encore mariés. Les personnes qui auront droit à cette aide devront être titulaire d'une licence ou d'une maîtrise de FLE. A noter que de plus en plus on demande une maîtrise de FLE pour travailler dans les Alliances ou les Instituts. Pas de contrat à plein temps mais un salaire à l'heure intéressant 4200 yen. Les cours durent deux heures et on peut vous confier jusqu'à 5 classes soit un salaire mensuel d'environ 170 000 yen. Les profs travaillent souvent dans une autre école ou une université pour compléter leur salaire. Le travail est intéressant et vous êtes complétement libre dans le choix de votre enseignement. Vous aurez environ entre 8 à 15 étudiants par classe. L'école organise des soirées et des événements culturels. A mon avis, c'est dans les Instituts ou dans les Alliances que le prof éprouve le plus de plaisir à enseigner. Un petit point noir tout de même. Si les étudiants désertent votre cours la classe sera fermée ce qui entraînera une perte de salaire. Mieux vaut donc être bien armer pour éviter ce genre d'incident. Bien préparer ses cours, avoir des connaissances sur l'enseignement au Japon, savoir ce que les étudiants attendent de vous, être calme, patient et sympa. Un deuxième point noir pas de congés payés.

    L'INSTITUT FRANCO-JAPONAIS DE KYOTO

    Cette école fonctionne de la même façon que le Centre Franco-Japonais mais offre le salaire à l'heure le plus attractif de la région entre 6000 et 7000 yen de l'heure.

    LES UNIVERSITÉS

    Pour travailler dans une université il faut de plus en plus être titulaire d'un DEA ou d'un Doctorat et avoir une référence. Les facs recrutent rarement à l'aveugle. Il faut normalement être introduit par un collégue. Vous pouvez envoyer dans toutes les universités de l'archipel votre CV mais ne vous attendez pas à un miracle! Etre recruter à partir de la France sans une bonne référence reléve à mon avis d'un petit miracle. Enfin, tentez toujours, on ne sait jamais! Les salaires en tant que jokin-koshi (prof à plein temps) sont très intéressants mais varient d'une université à une autre. Pour vous donner un ordre d'idée; 350 000 yen par mois plus 6 mois de bonus. Mais cela peut-être supérieur! Les contrats sont de 3 ans non renouvelable. Vous devez enseigner environ 8 classes par trimestre. Enfin, cela varie selon les écoles. Pour les profs recrutés en tant que hijokin-koshi le salaire tourne autour des 4500 yen. Pas de bonus mais le contrat est renouvelable chaque année. Les conditions de travail sont bonnes! Vous travaillez environ 8 mois par an dont deux mois de vacances l'hiver et deux mois de vacances l'été. Les vacances sont payées. Mais là aussi cela dépend de la fac. Le travail n'est pas toujours intéressant car les étudiants ne sont pas toujours très motivés! A vous de les motiver et cela peut devenir très satisfaisant sur le plan personnel. On peut vous confier jusqu'à dix classes par trimestre. Paradoxalement, il arrive qu'un mi-temps enseigne plus qu'un plein-temps.

    LES LYCÉES

    Le seul lycée qui offre un emploi à plein temps est le lycée Uji à Kyoto. Contrairement à l'université la présence est obligatoire tous les jours de la semaine de 8:30 à 16:30 et les vacances sont moins longues. Le salaire tourne autour de 320 000 yen par mois sans véritable bonus. Chaque année l'école organise un voyage de trois semaines en France au mois d'août. Les étudiants sont placés dans des familles et suivent des cours de français. Le prof les accompagne mais attention ce ne sont pas des vacances! Il y a d'autres lycées qui offrent des cours de français mais il ne s'agit que d'emplois à mi-temps.

    Les autres écoles où vous pouvez tenter votre chance sont ESPACE FRANCE et LIAISON à Osaka et l'école culinaire de TSUJI. Dans cette dernière, possibilité d'obtenir un contrat à plein temps. Si vous êtes cuisinier vous pouvez aussi enseigner la cuisine française.<br><br>Pour ceux qui souhaitent venir enseigner au Japon! Bonne chance! Les autres emplois pour un français au Japon sont dans la restauration, les boulangeries ou GO au Club Med.

    Stéphane VAILLANT