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  1. Assurément, Mme Bovary serait un Otaku

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ID : 3253On a beaucoup ri des Otakus. Ces Japonais, jeunes ou moins jeunes, ces hommes en général (mais pas seulement), qui s'isolent dans un appartement minuscule, au milieu d'un capharnaüm d'idoles en plastique.
    Le caractère japonais qui désigne l'Otaku signifie aussi la maison. La condition première de l'Otaku est donc l'enfermement. L'enfermement chez soi, mais aussi l'enfermement tout court.
    Au Japon, il coexiste deux mondes. Le monde de l'intérieur (Uchi) et le monde de l'extérieur (Soto). Le monde de l'extérieur est le monde des apparences. Un monde de rôles et de conventions. Chacun doit y avoir sa place et la garder. A chaque chose, à chaque geste correspond un idéal : quel costume porter, quel bonjour prononcer, à qui je dois quelle formule de politesse. Ces normes sociales sont, pour qui les accepte, un confort immense, un monde uniforme et sans interrogation. Mais c'est un monde de façade et, en vérité, personne n'est dupe. L'adulte raisonnable ...

    Mis à jour le 17/07/2013 à 09h04 par JM

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  2. Kitsune, l'actrice universelle

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ID : 3233Ginza est un quartier que l’on dit occidentalisé. Le mot est toujours péjoratif dans la bouche de ceux qui le prononcent. C’est le quartier du luxe et des enseignes internationales. Mais moi, j’ai toujours aimé m’y promener. Il y règne un calme... japonais, un calme de salon de thé. L’asphalte gris clair absorbe le bruit des voitures comme un tatami le glissement des pas. Car même dans le plus occidentalisé des quartiers, la tradition japonaise n’est jamais bien loin pour qui sait regarder.

    Au coin d’une rue du deuxième district de Ginza se dresse un temple miniature. A cet endroit où le mètre carré est le plus cher de Tôkyô, on a quand même pris le soin de réserver un espace aux dieux du Shintô. Un tori peint en rouge indique la présence du temple. Un arbre confère la paix aux esprits de la nature. Le temple lui-même est un bric-à-brac d’offrandes : du tofu grillé, une bouteille de Courvoisier... Des gourmandises devant une statue de renard. Car ...

    Mis à jour le 31/05/2013 à 16h23 par JM

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  3. Un sourire inoubliable

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ID : 3223Imaginez la beauté d'une femme aux dents noires. Nous sommes au Japon, au tournant de l'ère d'Edo.

    Pourquoi noires ? Au Japon, on ne demande jamais pourquoi. Mais quand même... noires ?! Peut-être qu'au japon on aime ce qui est compliqué, on aime le raffinement. Et si vous insistez, on vous répondra que le blanc est la couleur des os. Ou bien, un occidental mal intentionné vous expliquera que la laque noire sur les dents des geishas pouvait bien occulter quelques dents gâtées. A l'époque, à défaut de savoir blanchir, on se contentait de noircir.

    Et puis, il existe une dernière explication. C'est celle que je retiendrai. La bouche noire est le symbole de la beauté parfaite des masques de théâtre. On dit qu'autrefois, les généraux japonais au moment de l'attaque se souciaient du visage qu'ils laisseraient à leurs hommes et à l'éternité. Désireux de transformer le combat en une fresque épique, ces généraux se maquillaient le visage à la ...

    Mis à jour le 24/05/2013 à 10h44 par JM

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  4. l'Idolu, madone des Otakus

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ID : 3212Ce n'est pas peu dire que le Japon a un problème avec ses femmes... Et les Idolus en sont le symptôme le plus éclatant.

    Une Idolu est une idole, quasiment au sens premier du mot : une figurine dédiée à l'adoration. Et au Japon, la culture des Idolus est une industrie prospère et, comme d'habitude au soleil levant, extrêmement codifiée. A la base, les Idolus sont de très jeunes filles que l'on place dans des écuries comme on entre au couvent. Là, suivant un règlement implacable, elles renoncent aux distractions de leur âge pour devenir une image façonnée par des publicitaires et autres gourous de la communication. Car la publicité est bien l'objectif final de l'Idolu. Sa carrière peut ainsi être résumée en quelques étapes : de mini-concerts sur les toits des grands magasins, puis un premier mp3 / single CD, une apparition dans un feuilleton TV, une émission, un concert, jusqu'à la consécration, le contrat publicitaire qui rentabilisera enfin tous ...

    Mis à jour le 15/05/2013 à 16h11 par JM

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  5. Sumô, le jeu du Japon

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Nom : Sumo-copy.jpg
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ID : 3187De tous les jeux, de tous les sports, le Sumô est incontestablement le plus japonais. Simplement parce qu'il n'est joué qu'au Japon. Mais aussi parce qu'il incarne quelques nuances délicieuses qu'on ne trouve qu'au Soleil levant.
    Tout d'abord, l’ambiguïté. Demandez donc à un ami japonais (je sais : je l'ai fait...), demandez-lui la signification de telle règle ou de tel geste qui ponctue le match de Sumô : le lancer du sel, le frapper des poings sur le sol, la louche d'eau sacré, etc. Votre ami, sans doute, vous donnera une explication très rationnelle. Mais la fois suivante, une semaine, un mois plus tard, vous lui reposerez la même question et il vous fera une réponse différente. Pourquoi ? Parce qu'au Japon, très souvent, les choses se déroulent d'une certaine manière pour la simple raison qu'elle se sont toujours déroulées ainsi. Chercher une explication ou une cause rationnelle est, vous dira-t-on avec une moue de dédain, typique d'un esprit occidental. ...

    Mis à jour le 14/05/2013 à 07h28 par JM

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