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sleidia
15/09/2014, 01h08
Un peu de temps à perdre ce matin au réveil ... :)

Peut être la crise de la quarantaine, ou alors le décès récent de ma copine ... ou encore le fait que j'ai fini par accomplir mon rêve de vivre au Japon ou tout à la fois ... bref, j'ai besoin de trouver un nouveau sens à ma vie car se taper des japonaises comme simple exutoire ça va pas loin non plus.

Je me disais récemment: quoi de mieux que de se battre pour une cause noble et compliquée pour donner un nouveau sens à sa vie?

Car, hormis mon petit paradis articiel japonais, le monde actuel ne me convient pas et la société humaine dans son ensemble n'est pour moi qu'une énorme fumisterie sans nom.

Tenter de remodeler la société humaine selon ses désirs est certainement la tâche la plus ardue qu'un homme puisse entreprendre et, même si totalement vouée à l'échec, permet tout de même de vivre une aventure humaine hors-norme, de se faire un grand nombre d'ennemis (le kif).

Or, le monde mérite-t-il qu'on s'occupe de lui?
Veut-il même qu'on s'occupe de lui?

Pour moi la réponse est clairement non.

munchou
15/09/2014, 04h30
Ah, un nouveau délire, y avait longtemps :mrgreen: (j'aime bien)

Si la réponse est non, pourquoi tu te poses la question puisque tu connais la réponse...
A la limite, cherche le sens de la vie. Si tu y arrives, tu seras plus célèbre que n'importe quel personnage, et ce pour les quelques millénaires à venir. Par contre tu risques de foutre en l'air les conflits actuels dû aux pseudo-religions, ce serait p'têtre un peu dommage.

Moi je veux bien que tu t'occupes de moi. Un p'tit versement mensuel sur mon compte serait un bon début (disons 10-20man yen).
Oui ? Oui oui ? Cool :)

skydiver
15/09/2014, 09h43
Sujet du BAC philo 2015...? Allez savoir...

Malgré la bonne volonté il sera impossible de faire changer le monde ou même, bien plus modestement, s'attaquer à des problèmes plus limités. Néanmoins, tu pourrais donner de ton temps pour, par exemple, une cause humanitaire. A défaut de t'accomplir, ton action servira et tu pourras peut être en mesurer les effets à un certain niveau.
Si "le monde" ne veut pas qu'on s'occupe de lui, bien des êtres humains accepteraient une main tendue.
Bon courage.

vigan
15/09/2014, 11h18
Salut, ce que nous appelons la "réalité" du monde,n'est-ce pas plutôt NOTRE réalité,à savoir le fruit de nos perceptions erronées ?

Alors à défaut de pouvoir changer le monde, essayer de se changer soi-même est peut-être un premier pas nécessaire ?

Durban
15/09/2014, 11h58
Rien de nouveau sous le soleil, comme dirait l'autre.
Quand ce genre de questions guettent, je préconise les oeuvres complètes de Nietzsche, un footing dans la montagne ou pourquoi pas remplir quelques pages dans un cahier...

fujijana
16/09/2014, 00h03
Pour etre passee par des phases similaires, la randonnee sur Yakushima avec ce qu'on appelle des Power Spot pendant 1 semaine, histoire de faire le vide mais a la fois le plein, aide beaucoup, surtout dans le travail de deuil et l'envie de se retrouver soi pour etre au mieux avec autrui.
J'eviterais par contre les lectures trop philosophiques et mettrais plus la main a la pate sur 1 ou 2 assoss du coin qui te parlent.
Perso j'ai cree une assoss pour aider les femmes a lancer leurs business.
Une activite physique qui vide la tete ca aide pas mal aussi a recentrer tes idees sur ce que le monde peut te donner, ce que tu peux lui donner et ta place en son sein.

Bonne chance.

Iriakun
18/09/2014, 10h46
Pareil que Fujijana, un depaysement total aidera beaucoup et faire du benevolat egalement. Maintenant aider ne veut pas dire trouver la solution forcement.
Quand tu etais enfant tu avais surement des reves ? A toi de te donner les moyens de les realiser.
Enfin niveau fumisterie, elles sont sans fin donc a toi de choisir entre la pilule rouge ou bleue....bon courage quoiqu'il en soit!

3696

neptune75
18/09/2014, 20h35
L'abbé Pierre proposait, m^me à des agnostiques ou athés de venir l'aider à aider d'autres personnes.
Sans ^tre catho, il y a peut-être des choses équivalentes au Japon?

Edit:moi j'ai essayé d'aider un proche atteinte d'une "maladie ".Mais après rémission très récente,je me suis, occupé de moi-m^me...(donc pas des "autres")...

Quant à ta tâche dis-toi bien que si elle ne change pas le monde, elle est comme un colibri essayant d'éteindre un feu de forêt: tu remplis ta "part".

JeanRomain
21/09/2014, 12h21
Un peu de temps à perdre ce matin au réveil ... :)

Peut être la crise de la quarantaine, ou alors le décès récent de ma copine ... ou encore le fait que j'ai fini par accomplir mon rêve de vivre au Japon ou tout à la fois ... bref, j'ai besoin de trouver un nouveau sens à ma vie car se taper des japonaises comme simple exutoire ça va pas loin non plus.

Je me disais récemment: quoi de mieux que de se battre pour une cause noble et compliquée pour donner un nouveau sens à sa vie?

Car, hormis mon petit paradis articiel japonais, le monde actuel ne me convient pas et la société humaine dans son ensemble n'est pour moi qu'une énorme fumisterie sans nom.

Tenter de remodeler la société humaine selon ses désirs est certainement la tâche la plus ardue qu'un homme puisse entreprendre et, même si totalement vouée à l'échec, permet tout de même de vivre une aventure humaine hors-norme, de se faire un grand nombre d'ennemis (le kif).

Or, le monde mérite-t-il qu'on s'occupe de lui?
Veut-il même qu'on s'occupe de lui?

Pour moi la réponse est clairement non.

Regarde ce qui est important pour toi (ton système de valeur) et voit comment tu peux améliorer la vie d'autres êtres humains en créant soit une assoc comme le propose Fujijana soi un business.

Des experiences aussi profondes que le décès d'un proche et la crise de la quarantaine (;) ) permettent de prendre conscience de ce que l'on souhaite réellement faire de SA vie et nous permet d'être prêt à outrepasser la pression sociale et à rompre les paradigmes de notre société.

Gnurou
04/10/2014, 15h38
En traînant sur Youtube il m'est revenu à l'esprit que Carl Sagan avait une réponse intéressante à cette question (pour les anglophones):


https://www.youtube.com/watch?v=923jxZY2NPI

La pensée philosophique de Carl Sagan est probablement la meilleure chose que la consommation d'herbe nous ait donné.

skydiver
04/10/2014, 17h01
Carl Sagan, un très grand disparu bien trop tôt. Je recommande - sur Youtube ou autres supports - les émissions qu'il présentait sur une chaîne américaine ainsi que le roman "First contact".

Gnurou
04/10/2014, 17h27
Carl Sagan, un très grand disparu bien trop tôt. Je recommande - sur Youtube ou autres supports - les émissions qu'il présentait sur une chaîne américaine ainsi que le roman "First contact".
Tu dois parler de la série "Cosmos" qui est en effet visible sur YouTube. J'y retourne toujours quand j'ai besoin de remettre les choses à leur place. Un reboot de cette série a d'ailleurs été effectué cette année, dans un format plus moderne et à jour scientifiquement mais qui n'égale malheureusement pas l'originale sur le plan philosophique.

Sur YouTube également il existait une superbe série amateur montant ses citations mais elle a malheureusement été supprimée suite à la demande de ses ayant droits (qui n'ont visiblement rien compris au personnage).

Carl Sagan c'est également de nombreux livres dont certains sont disponibles en audiobook, un autre moyen de se laisser transporter par sa voix unique.

skydiver
04/10/2014, 20h08
Il s'agit effectivement de "Cosmos". J'ai pris grand plaisir à regarder ces émissions à l'époque où j'étudiais aux Etats Unis. Carl Sagan avait le ton de voix qu'il fallait pour rendre poétiques ses explications et entraîner les téléspectateurs dans un univers merveilleux et infini. Un grand scientifique doublé d'un conteur d'exception qui savait faire partager ses passions.
J'ai lu tous ses ouvrages sans jamais me lasser.

KoYuBi
05/10/2014, 22h24
Je me disais récemment: quoi de mieux que de se battre pour une cause noble et compliquée pour donner un nouveau sens à sa vie?Or, le monde mérite-t-il qu'on s'occupe de lui?
Veut-il même qu'on s'occupe de lui?

Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche.

Gorio
23/01/2015, 23h50
Pardon de redeterrer un post vieux de quelques mois !:razz: mais je trouve ce sujet interessant. Pour moi la reponse a la question de Sleida est claire. Chacun y va de son idee. Pour ma part je souscris parfaitement a l'idee selon laquelle on peut modifier le "monde". En modifiant ou en travaillant ses representations. Ce faisant, on peut arriver a modifier dans une certaines mesure, non pas les comportements des gens ni leurs idees directement.... mais les structures et institutions qui determinent les structures mentales et leurs schemes de pensee. Les structures sont douees dans tous les cas d'une formidables inertie... et les changements ne se font qu'au prix de longues annees de travail. C'est une vision optimiste je trouve ! que celle de P.Bourdieu [sources : "Reponses" + sa theorie du changement social]

Myllena
24/01/2015, 02h28
J'arrive aussi bien après la bataille.
Toutes mes condoléances Sleidia.

Et vu que ce sujet vient d'être remonté j'y ajoute ma pierre. (warning gros pavé forward)

Il me semble que l'on traverse tous une telle période de questionnement, que ce soit suite à un événement difficile, une période d'introspection, une réflexion. On peut ne pas forcément être révolté par le monde, et avoir seulement envie d'y contribuer. Bref les raisons sont variées pour en arriver à se dire "que puis-je faire pour changer le monde?".

Vous allez dire "whaou le cliché", mais j'ai cette question en tête depuis que j'ai vu Mononoke Hime en 1999, alors que je finissais mon lycée.

Je me suis lancée dans des études de biochimie à l'université, et je me suis donnée les moyens d'aller le plus loin possible, jusqu'au doctorat que j'ai terminé en 2010. Depuis j'ai travaillé majoritairement pour le CNRS en tant que chercheur en santé humaine fondamentale. J'ai travaillé aussi bien en virologie (sur le papillomavirus et le virus de l'hépatite C), qu'en recherche contre le cancer (cancer des poumons et de la thyroïde), et sur l'action des perturbateurs endocriniens (dont vous connaissez tous le bisphénol A comme représentant) sur le déclenchement des dits cancers.

Bref, de quoi se rendre "utile" au monde si on voit ça de façon pragmatique.

Et bien jamais je ne me suis sentie aussi inutile qu'en faisant ce métier. Bien sûr on argumentera que ce genre de recherche est vitale pour assurer l'amélioration de la santé future des hommes etc. Mais c'est vraiment se voiler la face, selon mon opinion.

Concernant le virus de l'hépatite C, il faut savoir qu'il existe beaucoup de souches différentes, et que chacune a un génome et une façon de "se répliquer" différente, et n’entraîne pas forcément exactement les mêmes symptômes. Le point intéressant est que ces différentes souches sont réparties surtout de façon géographique. Exemple en Europe on trouvera surtout la souche "1", alors qu'en Afrique c'est la souche "2" et par endroits la souche "4" uniquement.

Pendant ma thèse, ma tâche était d'étudier la façon de se répliquer du virus de la souche 1. Pendant cette étude je me suis rendue compte des différences extrêmement importantes qu'il pouvait y avoir entre les différentes souches, surtout quand j'ai découvert un représentant de la souche 2, nommé JFH pour Japanese Fulminant Hepatitis, qui avait emporté un japonais en quelques semaines, alors que normalement ce virus met entre 10 et 50 ans pour devenir mortel. Qu'est-ce qui avait rendu ce virus "JFH" si virulent au point qu'il devienne mortel si vite par rapport aux autres virus des autres souches? Et y avait-il d'autres virus chez les souches 3, 4, 5 ou 6 qui pouvaient présenter des caractéristiques si différentes?

Je me suis lancée dans une intense phase de bibliographie pour essayer d'apprendre et de comprendre à partir de l'étude de ces différences. C'est comme cela que j'ai découvert que les souches prévalentes en Afrique n'étaient quasiment pas étudiées. J'ai été d'abord intriguée, puis effarée. Pourquoi personne n'étudie donc ces souches? J'ai posé la question à mon chef de thèse. La réponse est très simple: même si on découvrait une façon de soigner ou vacciner les gens contre ces souches "africaines", personne là bas n'aurait de quoi acheter les vaccins/médicaments.

Et il ne s'agissait pas de dire que l'on travaillait dans un laboratoire pharmaceutique privé qui cherche à avoir rapidement des retours sur investissements. On était au CNRS. Mais la réalité c'est que même dans un labo publique, pour obtenir des financements il faut proposer des projets de plus en plus "rentables", même à long terme.

Et tout d'un coup la tâche que je trouvais si "utile" au départ m'a semblé plus injuste que noble.

Ça ne s'est pas arrangé quand des années après, et ayant quitté la virologie, j'ai commencé à travailler sur les perturbateur endocriniens, ces petites molécules issues de l'industrie chimique, auxquelles nous sommes exposés tous les jours, et qui altèrent notre fonctionnement hormonal naturel. Le bisphénol a été le plus médiatisé, mais il y en a quantité d'autres, et le fait d'afficher "papier sans bisphénol A" sur les tickets de caisse relève pour moi d'une hypocrisie, car c'est ne pas mentionner tous les autres (parmi lesquels par exemple des pesticides, pas encore interdits mais ça ne saurait tarder).

Peut-on vraiment aider le monde, tel qu'il est maintenant, aussi loin que nous sommes allés aussi bien au niveau environnemental (dégradation, pollution, réchauffement...) que humain (injustices, inégalités, méfiance ou haine de son voisin...)? Et le mérite-t-il?

Je ne sais pas si "le monde" le mérite. Ce que je sais, c'est que certaines personnes méritent d'être aidées. C'est ce que j'ai découvert en appliquant ma "solution" personnelle pour ne pas craquer devant ce monde injuste dans lequel je ne me sens pas à ma place. Ma solution c'est de m'instruire, le plus possible, puis de restituer ces connaissances par l'enseignement, à des personnes formidables, qui seront là après moi dans ce monde.

Quand j'ai réussi à obtenir des heures d'enseignement à l'IUT puis à la fac, ça a été une véritable rencontre avec de nombreux élèves, plein d'énergie et de curiosité, qui eux aussi se posent de telles questions "existentielles". Eux aussi ils ont cette motivation à devenir des acteurs du monde.

Pour eux je me surpasserai pour leur expliquer de la meilleure façon toute la science que j'ai étudiée et que je continue d'étudier. Je leur transmettrai ma passion pour la biochimie. Je réveillerai une vocation, ou j'orienterai vers d'autres disciplines ceux qui ne se sentent pas à leur place. Je serai à leur écoute et je les aiderai sur tous les plans possibles. Et cette aide, ils me la rendent à leur façon, en me soulageant en partie de mes angoisses existentielles (pourquoi sommes-nous là, que faisons-nous, où allons-nous... tout ça quoi ^^; )

Ceci rejoint beaucoup d'avis précédemment donnés: se rendre utile aux autres (bénévolement ou non). Mais pour moi c'est vraiment spécifique à l'enseignement.

L'enseignement n'était pas un rêve depuis toujours, j'ai découvert par hasard que c'était mon activité "curative".

C'est sûrement différent pour chacun d'entre nous.

A toi de te centrer sur toi-même, puis d'aller vers les autres, pour trouver quelle sera l'activité qui te redonnera l'envie d'aider... le monde... ou à défaut une petite partie de ce monde, à commencer par toi-même.

/mavie-monavis

Désolée pour le pavé. Et les deux ans d'absence sur le forum.