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Afficher la version complète : Oeuvre littéraire Japonaise - Eriko Nakamura : " Nââândé !? "



Catinus
04/03/2012, 19h47
Il y a bien « ô tempora, ô mores «, autres temps, autres mœurs. Il y a encore : autres continents, autres mœurs. Et ce n’est pas la mondialisation qui changera l’affaire. Ainsi, un Français restera toujours typiquement français, un Parisien furieusement parisien, un Belge loufoquement belge. Un Japonais sera quant à lui insulairement nippon. C’est le premier principe pour apprécier ce livre délicieux.
Le second réside dans ce qu’il est convenu d’appeler le syndrome de Paris. « Il provient du décalage entre le Paris rêvé et le Paris réel et touche principalement des Japonais qui visitent la capitale pour la première fois. Hallucinations, chaleurs intenses, accès de folie, sentiments de persécutions (…) certains sont même rapatriés d’urgence au Japôn avec ce conseil du professeur Ota : ne revenez jamais plus à Paris ! «
Le troisième est contenu dans la signification du titre : « Nââândé !?, interjection manifestant la stupéfaction et le trouble face à un acte ou un comportement jugés choquants qui peut être traduit par : oh là la ! mais que se passe-t’il ! ? ou, non, ce n’est pas possible ! ? «

Eriko Nakamura nous raconte son bonheur d’être devenue Parisienne mais également son effroi devant les attitudes barbares des Occidentaux. Tout y passe, en une vingtaines de rubriques, dont le métro, les grands magasins, la grève, le restaurant, les enfants, le look, les toilettes, le maquillage, le médecin, le sexe, le couple. Parfois, on se dit qu’elle pousse le bouchon un peu trop loin alors que, peut-être, nous sommes tellement englués dans nos incivilités que nous n’ en apercevons même plus la monstruosité.

Si Eriko Nakamura, ici, pointe du doigt nos travers, elle reste assez objective et ne manquera pas d’épingler ceux des Japonais ; elle se montre même très sévère quand elle parle des couples et de la vie des femmes au Japon …

C’est trop drôle !

Extraits :

- A Tokyo, les restaurants de sushis sont petits et les prix … à la tête du client. Autant dire que ceux qui sont de passage paient le prix fort.
- (…) il y a deux types de Français. Les Parisiens et les autres. C’est fou comme les gens sont plus gentils dès qu’on s’éloigne de Paris.
- Ne plus être considéré comme Japonais – le cauchemar nippon par excellence